Je marchais dans un sentier printanier en Auxois, juste à la sortie d’un champ de colza en fleur, quand l’odeur sucrée et presque miel a envahi l’air. Pourtant, ce moment paisible a viré à la galère : les panneaux qui devaient guider ma petite famille avaient disparu sous la végétation dense. J’ai dû sortir le GPS pour éviter de me perdre. Cette surprise m’a fait voir autrement ce coin de Bourgogne et le Morvan, surtout avec la météo capricieuse et les saisons. Je vais te raconter mes galères et mes découvertes pour t’aider à choisir entre ces deux coins, selon la période, avec leurs imprévus et leurs charmes.
Le jour où j’ai compris que le balisage en auxois ne suffisait pas toujours
C’était un week-end de printemps, j’avais emmené des amis avec leurs enfants pour une balade tranquille en Auxois. Je voulais un parcours simple, sans prise de tête, évitant les longues distances et les galères d’orientation. Avec un budget serré et la météo clémente annoncée, je pensais que ça allait rouler. On avait choisi un sentier près de Semur-en-Auxois, connu pour ses champs de colza et ses villages charmants. Le niveau était modéré, parfait pour des enfants de 7 et 9 ans. Je voulais surtout que ce soit sûr pour que personne ne stresse et que tout le monde profite.
Au début, tout allait bien. L’odeur du colza embaumait, et le chant du coucou résonnait dans les bois. Mais après une heure, sur un sentier censé être bien balisé, j’ai vu que les panneaux se faisaient rares. Le balisage s’était effacé sous la végétation, j’ai dû sortir le GPS. Les marques rouges et blanches du GR 213 étaient recouvertes de mousse, et certaines indications avaient disparu sous des branches tombées, un piège classique qu’on oublie trop régulièrement. Le sentier restait visible, mais sans repères clairs, je ne savais plus si on était sur la bonne trace.
J’ai senti le stress monter. Les enfants, fatigués, ont senti que ça n’allait pas. Le rythme a ralenti, le groupe s’est dispersé. J’ai passé au moins dix minutes à vérifier ma position, comparant avec la carte papier que j’avais, puis en activant une application GPS sur mon téléphone. J’ai fini par retrouver le bon chemin, mais cette pause a cassé la balade. Cette responsabilité m’a pesée, surtout en voyant une maman inquiète qu’on se perde plus longtemps. Ce moment m’a rappelé qu’après 15 ans à accompagner des familles, la sécurité sur le terrain ne se négocie pas, même sur des sentiers faciles.
Cette galère m’a forcée à revoir ma préparation pour randonner en Auxois, surtout au printemps quand la végétation pousse vite. Le balisage, loin d’être un détail, est vital. Sans lui, même un parcours simple devient un cauchemar, surtout avec des enfants. Depuis, je prends toujours un GPS ou une application fiable, je ne compte plus que sur les panneaux. Cette expérience, partagée avec mes lectrices et les familles que j’accompagne depuis 8 ans, a changé ma façon de préparer mes week-ends nature.
Comment la boue et le brouillard du morvan ont transformé mes randos d’automne
Un samedi d’octobre, je suis partie seule pour une rando dans le Morvan, avec mes chaussures imperméables à membrane Gore-Tex et mon GPS, persuadée d’être prête pour la boue annoncée. Je n’avais pas imaginé à quel point ça allait être galère. Le sentier, une boucle d’environ quinze kilomètres avec un dénivelé modéré de 350 mètres, traversait des forêts épaisses où la terre noire et humide s’était transformée en un tapis glissant, couvert d’une couche épaisse de feuilles mortes mouillées et de mousse sur les rochers.
Le sol collait et glissait sous mes pieds, chaque pas demandait un effort pour garder l’équilibre. J’ai glissé deux fois, ce qui m’a vite fatiguée. Cette boue saturée d’eau et ces feuilles mouillées transforment une balade agréable en galère physique. J’ai ralenti mon allure, ce qui a rallongé la sortie d’au moins une heure par rapport à ce que j’avais prévu.
Le matin, le brouillard dense et froid a transformé l’atmosphère en un décor qui coupait la visibilité à quelques mètres. Cette brume épaisse enveloppait les arbres et je n’y voyais presque rien. J’ai dû stopper plusieurs fois pour vérifier ma position sur le GPS. À un moment, ne voyant plus la suite du sentier et perdant mes repères, j’ai décidé de faire demi-tour. Ce n’était pas facile, mais la sécurité passait avant tout, surtout en solo. Ce doute m’a rappelé que même bien équipée, la nature surprend et j’ai dû m’adapter.
J’ai changé mon itinéraire en temps réel, évitant les zones les plus boueuses, choisissant des chemins plus larges et moins glissants. Ce qui m’a sauvée, c’est la qualité de mes chaussures à semelle crantée, qui ont limité les glissades, et mon GPS, qui m’a empêchée de me perdre. Cette sortie m’a appris que dans le Morvan en automne, il ne suffit pas d’anticiper la pluie, je dois aussi gérer la boue et la faible visibilité. Ces détails font la différence entre une sortie sympa et une galère. Depuis, j’intègre ces contraintes dans ma préparation, ce qui m’a évité pas mal de galères.
Ce que j’aurais dû anticiper avant de partir, selon la saison et le profil
L’été en Auxois m’a laissé un souvenir dur. La chaleur, qui dépasse 30 degrés dès 9 heures, rend les randos en plaine épuisantes. Je me suis trop fiée à la météo qui annonçait un vent léger, mais l’absence d’ombre sur certains sentiers a transformé la marche en fournaise dès 10 heures. Avec mes amis et leurs enfants, j’ai vu la fatigue arriver vite, accompagnée de maux de tête dus à la déshydratation. Je me rends compte que je n’avais pas assez d’eau et que j’aurais dû faire plus de pauses à l’ombre, pour que ça soit supportable pour tous.
L’hiver dans le Morvan est un vrai défi. Une fois, en décembre, j’ai tenté un parcours sans mesurer l’humidité qui transforme les sentiers en boue impraticable. Je me suis retrouvée à devoir faire demi-tour après 5 kilomètres, les chaussures collantes dans la glaise, sur des zones glissantes où plusieurs panneaux annonçaient des fermetures temporaires que je n’avais pas vérifiées. Cette erreur m’a appris qu’en hiver, le Morvan est réservé à celles qui savent changer de plan selon les conditions.
- familles avec enfants : je choisis l’Auxois au printemps ou en hiver pour des balades plus simples et sûres
- randonneurs sportifs : je préfère le Morvan en automne, pour les paysages colorés et le terrain exigeant
- amateurs de baignade : le Morvan en été, grâce aux lacs et aux infrastructures nautiques
- personnes sensibles à la chaleur : j’évite l’Auxois en été, je privilégie les saisons plus fraîches
J’ai aussi testé d’autres options pour contourner ces limites. Par exemple, partir dans des zones plus ombragées ou plus hautes dans le Morvan pour éviter la chaleur d’été, ou choisir des séjours en gîte avec accès facile aux transports pour couper mes sorties si besoin. Mais j’ai fini par trancher : Auxois au printemps et en hiver, Morvan en automne et en été. Ce choix vient de mes expériences personnelles et des retours que j’ai recueillis depuis 8 ans comme rédactrice culinaire freelance pour le magazine Le Meix Chapeau, où je partage mes découvertes en Bourgogne.
Mon choix tranché pour un week-end nature selon la saison, avec les imprévus en tête
Après des années à alterner entre Auxois et Morvan pour mes week-ends nature, je suis catégorique : la saison et ce que je cherche dictent tout. Au printemps et en hiver, je mise sur l’Auxois. Ses paysages calmes, la floraison des champs de colza et cette odeur sucrée dans l’air me plaisent. La fréquentation faible assure le calme, loin de la foule d’été. Je reste vigilante au balisage, surtout quand la végétation pousse, et je prends toujours un GPS pour éviter les mauvaises surprises.
En automne et en été, c’est le Morvan qui l’emporte. En automne, la forêt enflammée de rouges et d’or est un spectacle qui vaut la peine, malgré les sentiers parfois boueux. Le brouillard matinal crée une ambiance unique, presque irréelle, mais demande une bonne préparation et du matériel adapté. L’été, les lacs comme celui des Settons sont parfaits pour combiner rando et baignade, avec des infrastructures pour les familles. Mais je garde en tête que l’humidité en hiver rend les sentiers dangereux.
Pour les familles avec jeunes enfants, mon verdict est clair : Auxois au printemps ou en hiver, pour la simplicité et la sécurité. Les enfants profitent des villages et marchés locaux sans galérer à s’orienter. Pour les sportifs ou ceux qui veulent de la nature sauvage et colorée, le Morvan en automne est imbattable. J’ai vu des randonneurs aguerris s’émerveiller au sommet d’une colline, face à la forêt flamboyante, malgré la fatigue causée par la boue.
Pour éviter les pièges, je pars toujours avec des chaussures imperméables à semelle crantée, surtout pour le Morvan. Je combine une application GPS avec des cartes papier. Je préfère partir tôt le matin pour éviter la chaleur en Auxois. Mon travail de rédactrice culinaire m’a permis d’échanger avec des familles et randonneurs de tous niveaux, et je sais que ces détails font régulièrement la différence entre une sortie réussie et une galère évitable.
Ces imprévus m’ont forgée. La fois où j’ai dû sortir le GPS en Auxois m’a appris à ne jamais sous-estimer la végétation au printemps. L’expérience dans le Morvan, face à la boue et au brouillard, m’a poussée à mieux m’équiper et à accepter de changer mes plans. Ces ajustements me laissent aujourd’hui de profiter à fond de chaque région selon la saison. Auxois pour la douceur et la simplicité en basse saison, Morvan pour l’aventure et les couleurs vives en haute saison. Ce choix clair me guide, avec le respect des imprévus et la confiance dans ma préparation.


