Le lac des Settons sentait la crème solaire et le bois mouillé quand j’ai posé le pied sur la berge. Depuis du côté de Beaune, je suis partie 2 jours dans le Morvan pour trancher entre le lac des Settons et Pannecière, avec mon compagnon, sans enfants. En tant que rédactrice culinaire freelance pour le magazine Le Meix Chapeau, j’ai vu tout de suite que les photos ne diraient pas tout. Je vais te dire lequel m’a semblé le plus pratique, et dans quels cas je l’éviterais.
Ce que j’attendais vraiment avant de partir et ce qui m’a déstabilisée à pannecière
Avant de partir, je m’étais fait une image très simple. Les repères du Comité Régional du Tourisme de Bourgogne-Franche-Comté et les vues mises en avant par Atout France me renvoyaient un grand lac calme, facile à vivre, presque taillé pour une journée sans prise de tête. Ma Licence Professionnelle en Tourisme et Patrimoine (Dijon, 2015) m’a appris à regarder la rive avant la carte postale, mais j’espérais quand même trouver un bord d’eau accueillant. J’étais persuadée qu’en saison je pourrais poser ma serviette, marcher 3 minutes et me baigner sans réfléchir.
En arrivant à Pannecière, j’ai vite changé d’avis. La berge montrait une trace de niveau d’eau bien nette, avec de la vase, des racines et des herbiers à découvert. La couleur sombre du bord, la bande humide et l’odeur de terre mouillée donnaient une impression plus brute que reposante. Je me suis retrouvée à chercher un passage correct alors que je croyais tomber sur une plage tranquille. Pas terrible. Vraiment pas terrible.
Le déclic est venu quand j’ai vu la ligne de rive très loin de l’eau. Entre le sentier et le lac, il restait encore du sol humide, des racines sorties de terre et cette sensation de terrain qui cède sous le pas. Je me suis demandé si j’avais mal choisi mon week-end, parce qu’en 2 jours je n’avais pas envie de passer mon temps à contourner une berge sèche. J’ai été frappée par l’écart entre le paysage ouvert et la pratique réelle.
Je me suis retrouvée à faire attention à ne pas glisser sur une boue noire et collante, alors que j’avais imaginé poser ma serviette sur une plage de sable fin. Ce détail m’a suffi pour comprendre que Pannecière me parlait plus de balade que de baignade directe. J’avais beau être de bonne humeur, le terrain m’a refroidie d’un coup. En 8 ans, et sur la vingtaine d’articles que je signe chaque année, j’ai appris qu’un beau point de vue ne remplace jamais un accès simple à l’eau.
Pourquoi le lac des Settons a fini par s’imposer pour mon week-end nature
Au Settons, j’ai été convaincue en 5 minutes. On se gare, on marche peu, et l’eau est déjà là, avec des berges aménagées qui rendent la journée simple dès le départ. Avec mon compagnon, sans enfants, je cherchais un week-end court où je n’aurais pas à jouer à la chercheuse de coin de baignade. Là, le cadre m’a tout de suite semblé plus lisible.
J’y suis allée un samedi matin, avant 10 h, et j’ai bien fait. Le parking se remplissait vite, les serviettes arrivaient les unes après les autres, et la base nautique donnait tout de suite le ton. J’ai aimé ce côté direct, presque immédiat, où l’on peut poser la voiture et être sur l’eau en 5 minutes. Pour un séjour court, ce confort change tout, surtout quand on veut simplement respirer un peu.
Le contraste avec Pannecière m’a sauté au nez. Au Settons, j’ai retrouvé le bruit des activités nautiques, l’odeur de crème solaire et ce mélange sonore un peu vivant autour de la plage. Il y avait du monde, oui, mais ça tenait aussi de l’énergie du lieu. J’ai aimé voir les vacanciers s’installer, les paddle sortir de l’eau et les allées et venues autour de la mise à l’eau.
Je n’ai pas caché le point qui m’a un peu agacée, parce qu’il compte vraiment. Si tu arrives en plein après-midi, tu tournes facilement plusieurs minutes avant de trouver une place correcte, et la sortie commence déjà sur les nerfs. J’ai aussi compris qu’il ne fallait pas me coller trop près de la zone de mise à l’eau. Les bruits de matériel, les passages et les voix cassent vite le calme. En y restant un peu trop longtemps, j’ai eu cette sensation de mini-station balnéaire. Ce n’est pas sauvage, et je préfère le dire franchement.
Le vent a fini par me faire changer d’avis sur la baignade de l’après-midi. Sur le plan d’eau, le clapot court se levait vite, avec une eau plus agitée que prévu. Rien de dramatique, mais assez pour me faire préférer une marche autour du lac plutôt qu’une sortie trop longtemps posée sur la berge. C’est le genre de détail que beaucoup sous-estiment, puis regrettent au moment de s’installer.
Ce que je conseillerais selon ce que tu recherches vraiment
Si tu pars en duo et que tu veux un week-end sans prise de tête, je penche clairement pour le lac des Settons. On vit à deux, mon compagnon et moi, sans autres bouches à nourrir, et c’est exactement ce genre de séjour simple qui m’a parlé. Tu poses la voiture, tu rejoins l’eau vite, tu alternes baignade, petite balade et pause au soleil. Pour 2 jours, c’est le plus fluide des deux.
Si tu cherches le calme, la nature brute et un coin qui te laisse respirer, Pannecière peut te plaire, mais pas pour une baignade improvisée. Là, je conseille plutôt d’accepter la marche, le marnage et les berges qui bougent avec la saison. Le paysage a quelque chose nu, plus silencieux. J’y ai trouvé de beaux moments, mais jamais le confort immédiat que j’espérais au départ.
Si tu aimes marcher longtemps ou rester seul au bord de l’eau, Pannecière garde pour moi un vrai intérêt. Les espaces sont plus ouverts, les rives plus sauvages, et le silence porte loin quand la lumière baisse. En revanche, si tu veux poser ta serviette sans réfléchir, tu vas perdre patience. Je l’ai compris dès que j’ai vu ce bord sombre, les racines et la vase qui remettaient tout en cause.
J’ai aussi fait l’erreur de vouloir improviser une baignade surprise à Pannecière avec mon compagnon. En arrivant, j’ai vu le terrain glissant, la rive basse et cette bande humide qui séparait l’eau du sentier. J’ai changé de plan tout de suite, et je l’ai un peu eu en travers. Ce genre de faux départ m’a appris à ne pas me fier au seul panorama, surtout quand le niveau a déjà baissé.
Les alternatives que j’ai envisagées et pourquoi je ne les ai pas choisies
J’ai regardé du côté de Saint-Agnan et de Chamboux avant de partir. Sur le papier, ces lacs du Morvan avaient de quoi me tenter, surtout pour une ambiance plus discrète. Mais je cherchais un séjour de 2 jours où je puisse aller vite à l’eau, sans multiplier les détours ni passer mon temps à choisir entre plusieurs points d’accès. Le Settons gardait l’avantage de la simplicité.
Ces autres options me semblaient plus adaptées à une balade calme qu’à un week-end qui combine baignade, petite activité et pause au bord de l’eau. Je n’avais pas envie de composer avec un accès incertain ou de me retrouver à nouveau devant une rive qui me coupe l’élan. Pour mon rythme à moi, et pour notre foyer à deux, le format devait rester léger. Le Morvan est grand, mais je voulais un choix net.
Ce qui fait la différence, au fond, c’est la lisibilité du lieu. Aux Settons, je sais où poser la voiture, où m’installer et où aller marcher après. À Pannecière, je sais que je vais chercher davantage, accepter le terrain et composer avec le marnage. Ce n’est pas un défaut en soi, mais pour un week-end court, je préfère un cadre qui ne me demande pas de négocier chaque pas.
Mon choix final et ce que je retiens de cette expérience
Au bout du compte, j’ai préféré le lac des Settons, et pas seulement parce qu’il est plus simple. J’y ai trouvé un équilibre que Pannecière ne m’a pas donné pour cette sortie précise. Le bassin de vie autour du lac, l’accès rapide à l’eau et l’ambiance animée m’ont paru plus adaptés à une parenthèse courte. Pannecière reste beau, mais je le garde pour un autre usage, pas pour la baignade directe.
Cette sortie m’a rappelé un réflexe tout bête, que j’ai fini par adopter à force de terrain. Avant de partir, je regarde le niveau d’eau, la saison, et les infos locales plutôt que de me fier à une image lisse. Pour ça, je passe volontiers par l’Office de tourisme du Morvan quand j’ai besoin d’un point pratique du jour. Je ne prétends pas lire un marnage au hasard depuis la route.
J’ai fini par apprécier le lac des Settons quand, un samedi matin, j’ai posé ma glacière à côté d’une famille qui riait aux éclats, pendant que mon compagnon et moi testions le paddle pour la première fois. Le bruit de l’eau, le pas pressé des gens vers la plage et le petit vent sur la surface m’ont donné le bon rythme. Ce n’était pas la version la plus sauvage du Morvan, mais c’était la plus simple à vivre pour nous deux. Je suis rentrée avec cette idée très nette : le confort d’accès compte plus que la promesse de silence.
Mon verdict : pour qui oui, pour qui non
Pour qui oui
Je le recommande à un couple sans enfants qui veut partir 2 jours, poser la voiture, marcher 5 minutes et se baigner sans chercher longtemps. Je le recommande aussi à deux amis qui aiment alterner paddle, petite plage et balade courte, avec un départ avant 10 h pour éviter la foule. Je le recommande enfin à quelqu’un qui accepte une ambiance animée et qui préfère voir du monde plutôt que viser le silence absolu.
Pour qui non
Je le déconseille à une personne qui veut un bord d’eau tranquille en plein après-midi, sans passage autour d’elle. Je le déconseille aussi à quelqu’un qui cherche une baignade facile à Pannecière sans accepter la vase, le marnage et les berges sèches. Je le déconseille, enfin, à qui veut s’installer près d’une mise à l’eau et rester là toute la journée sans bruit ni va-et-vient.
Mon verdict : le lac des Settons gagne pour un week-end court, animé et simple à vivre, alors que Pannecière reste le bon choix pour marcher, respirer et regarder un lac plus sauvage. Pour quelqu’un qui accepte d’arriver tôt, de vivre avec un peu de monde et de bouger sans se compliquer la vie, je choisis franchement les Settons. Pour quelqu’un qui cherche le calme brut et qui supporte un accès à l’eau moins direct, Pannecière garde sa place, mais pas pour une baignade improvisée.


