J’ai testé les trois boucles du sentier de transhumance dans le morvan en mai, avec et sans pluie

juin 5, 2026

Le sentier de transhumance dans le Morvan collait déjà à mes semelles, avec l'odeur de sous-bois humide et d'herbe fraîche. Depuis du côté de Beaune, je suis partie deux matinées en Morvan pour comparer une boucle sèche et la même après la pluie. En tant que Rédactrice culinaire freelance pour magazine Le Meix Chapeau, j'ai l'habitude de relever ce qui change un pas, un souffle, une heure.

Ce que ça donne quand le sentier est sec, avant la pluie

Le premier départ a eu lieu à 9h, sous un ciel stable, avec mes chaussures de randonnée basses et un sac léger. On vit à deux, mon compagnon et moi, et j'ai choisi une sortie simple, sans charge inutile. J'ai suivi les trois boucles dans l'ordre, parce que je voulais garder le même protocole d'une sortie à l'autre.

Sur le sec, j'ai noté 1 h 20 pour la première boucle, 1 h 40 pour la deuxième et 2 h 10 pour la troisième, pauses incluses. J'ai été convaincue par la lecture du terrain, parce que mon rythme est resté régulier même dans les petites remontées. À chaque fin de boucle, je respirais plus fort, mais je ne suis jamais passée dans un effort dur.

Le sol gardait une tenue nette, avec une adhérence franche sur les parties ouvertes et sur les racines. Dans les faux plats, j'ai pu accélérer sans me crisper, puis lever le pied dès que le dénivelé cumulatif se rappelait à moi. J'ai surtout vu que les petites bosses fatiguent plus que les cartes le laissent croire.

Les clôtures des passages de pâture m'ont fait ralentir un peu, mais je les ai trouvées simples à refermer. Le balisage restait clair dans l'ensemble, même si la végétation commençait déjà à border le sentier. J'ai aimé l'odeur de sous-bois frais, et j'ai vu que les tronçons étroits restaient lisibles tant que le sol demeurait sec.

La même boucle, mais juste après la pluie : j’ai vite compris que ça allait être une autre histoire

Le lendemain de la pluie, j'ai retrouvé un terrain brillant, avec une terre argileuse qui collait déjà au premier appui. Le bruit de mes pas était plus sourd, et j'ai senti ma chaussure s'enfoncer un peu avant de se libérer. Les racines sombres et luisantes, dans les passages ombragés, m'ont demandé une vraie vigilance.

J'ai relevé 1 h 45 sur la première boucle, 2 h 05 sur la deuxième et 2 h 35 sur la troisième, avec des pauses plus fréquentes. Je perds donc 25 minutes par boucle dès que le terrain se gorge d'eau, et ce n'est pas un petit écart pour ma journée. J'ai aussi dû ralentir au premier carrefour forestier, parce que le sentier semblait partir tout seul sur la mauvaise trace.

Les semelles de mes chaussures légères se sont vite bourrées de terre humide, et la glaise a formé une couche lisse dessous. Dans les descentes, j'ai perdu de l'adhérence plusieurs fois, avec cette impression de glisser sans chute, juste assez pour casser mon élan. Les petites montées m'ont demandé plus de souffle, et j'ai compris que la boucle n'est pas plate du tout.

Le moment le plus net, je l'ai eu en m'arrêtant pour regarder mes chaussures. Je me suis retrouvée avec une semelle couverte d'une glaise épaisse, et je me suis dit que je m'entêtais pour rien si je gardais ce rythme. Une pente courte m'a presque emportée, puis j'ai planté le pied, repris appui et fini la portion au pas court.

Ce que j’ai appris sur l’effort physique et la préparation à prévoir pour ce sentier en mai

Après 8 ans de travail rédactionnel, je suis devenue plus attentive au dénivelé cumulé qu'à la distance brute. Ma Licence Professionnelle en Tourisme et Patrimoine (Dijon, 2015) m'a appris à lire un relief avant même de regarder un panneau. Mon travail de Rédactrice culinaire freelance pour magazine Le Meix Chapeau m'a aussi appris à distinguer le confort annoncé du confort réel.

Je recoupe ce genre de circuit avec Atout France, qui valorise les balades à rythme souple et les formats modulables. Sur place, j'ai compris pourquoi j'avais intérêt à télécharger la trace GPS avant de partir, parce qu'au premier carrefour boisé mon téléphone ne suffisait pas. Je me suis déjà fiée au seul écran dans une sortie précédente, et j'ai perdu une branche du chemin en moins de deux minutes.

Quand je marche avec des amis, je garde ce même réflexe, et avec des enfants je ne ferais qu'une boucle, pas les trois. J'ai aussi besoin d'un départ tôt en mai, parce que le sol reste frais et la lumière me laisse mieux lire les marques au sol. Pour une marche régulière, ce circuit tient bien, mais je ne le trouve pas reposant quand on enchaîne sans vraie pause.

Sur la prévention des tiques, je reste simple : jambes vérifiées au retour et vigilance dans les herbes hautes. Pour une tique accrochée ou un retrait qui me paraît mal placé, je passe le relais à un médecin ou à un pharmacien, sans jouer à la maligne. Le Comité Régional du Tourisme de Bourgogne-Franche-Comté m'aide surtout à garder en tête cette logique de parcours lisible, mais je garde mes limites là où elles commencent.

Mon bilan après ces deux sorties : ce qui marche, ce qui coince, et pour qui ça vaut vraiment le coup

Je suis rentrée avec une vraie différence dans les jambes, et j'ai comparé mes notes avec mon compagnon, sans enfants, autour de la table. Dans notre foyer à deux, j'ai vu que le sec me donnait un rythme fluide, tandis que l'humide ajoutait 25 minutes par boucle sans discussion possible. La boucle reste entre 1 h 30 et 2 h 30 selon le pas et les arrêts, et mes chiffres collent bien à cette lecture.

En mai, j'ai trouvé le sentier vivant, mais plus fermé que sur les photos, avec une herbe qui frôle vite les mollets. Les clôtures cassent le tempo, les carrefours forestiers demandent de l'attention, et les tiques me font rester lucide au retour. Je n'ai pas noté de gros piège, mais j'ai vu assez de petites contraintes pour savoir que l'enchaînement fatigue au bout de la deuxième boucle.

Je garderais des chaussures mi-montantes pour la prochaine sortie, parce que la version légère m'a laissée trop peu de marge dans la glaise. Je téléchargerais aussi la trace GPS avant de quitter Beaune, et je partirais tôt, avant que les chemins ne chauffent ou ne s'abîment. Dans le Parc naturel régional du Morvan, je trouve que ce circuit vaut la sortie pour quelqu'un qui accepte de ralentir et de regarder le sol autant que le paysage. Pour quelqu'un qui cherche une marche sèche et rapide, je le laisserais de côté.

Aurélia Jacquet

Aurélia Jacquet publie sur le magazine Le Meix Chapeau des contenus consacrés à la cuisine locale, aux recettes du quotidien et aux gestes essentiels en cuisine. Son approche privilégie la clarté, la progression et des repères concrets pour aider les lecteurs à cuisiner plus simplement.

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