Le volet métallique a grincé, et j’ai compris d’un coup que mon week-end fromages à Avallon venait de me coûter 30 euros de plus. Depuis du côté de Beaune, je suis partie ce samedi matin pour la place du Marché d’Avallon, avec mon compagnon, sans enfants, et une idée très nette du panier que je voulais. Sauf qu’à l’arrivée, les étals avaient disparu, la place était vide, et le silence m’a coupé net.
Le jour où j’ai compris que ça ne marcherait pas comme prévu
En tant que Rédactrice culinaire freelance pour magazine Le Meix Chapeau, j’ai appris à regarder les marchés de terroir comme des lieux de passage, pas comme des décors figés. Après 8 ans de travail rédactionnel, je croyais connaître ce genre de sortie par cœur. Ma Licence Professionnelle en Tourisme et Patrimoine (Dijon, 2015) m’avait appris à lire un lieu, mais ce matin-là, j’ai laissé ma mémoire prendre le dessus.
Je suis partie confiante, presque trop. J’avais confondu le marché de plein air et la halle couverte, et je me suis retrouvée trop tard dans la matinée. J’étais sûre de moi, et c’est là que j’ai raté le détail le plus bête, le jour d’ouverture réel. Je m’étais fiée au souvenir d’une visite passée, pas à l’information du moment.
Sur la place, je n’ai pas senti l’odeur habituelle de fromage, de pain et d’épices. J’ai entendu les volets métalliques et les caisses empilées, pas le brouhaha des échanges autour des tommes. Le silence pesant de la place, sans l’odeur du fromage ni le brouhaha des échanges, m’a fait comprendre que j’étais arrivée au mauvais moment, ou pire, au mauvais jour. Puis j’ai vu un petit panneau A4, scotché de travers, avec des horaires que j’aurais dû lire avant.
J’ai hésité à attendre, au cas où un dernier stand se rouvre au bout de la place. Je me suis sentie ridicule à regarder mon téléphone, puis la rue vide, puis mon compagnon qui ne disait rien. J’ai été frappée par ce contraste bête entre mon idée d’un week-end fromages parfait et cette place nue. J’ai fini par me demander si je devais déjà partir vers une autre adresse.
La facture qui m’a fait mal et la galère pour sauver le week-End
La fromagerie de dépannage était à 20 minutes de route, et j’ai payé 30 euros de plus que prévu. Ce n’était pas une fortune, mais j’ai senti la note passer, parce que j’avais prévu un budget serré pour une virée simple. Je me suis retrouvée à acheter vite, sans comparer vraiment les affinages ni les croûtes, et ça m’a agacée bien plus que le montant lui-même.
Avec mon compagnon qui commençait à s’impatienter, chaque minute de route supplémentaire me pesait comme un poids, alors que j’avais juste voulu lui faire plaisir avec un panier fromages digne de ce nom. J’ai tourné dans deux rues d’Avallon avant de trouver une boutique ouverte, puis encore traversé la ville pour me garer. Je suis rentrée dans la boutique déjà fatiguée, avec l’impression d’avoir perdu la moitié de ma matinée.
Le choix était plus standard. Les tommes semblaient plus sages, les pâtes pressées moins vivantes, et une croûte sèche sur le morceau que je visais m’a freinée net. J’ai pris trois fromages, un pain de campagne et un peu de charcuterie, mais le panier n’avait pas la même tête que celui que j’avais imaginé. Le goût n’était pas mauvais, juste moins précis, moins nuancé.
Le retour a cassé l’élan du week-end. On vit à deux, mon compagnon et moi, et ce genre de sortie repose sur une petite légèreté que j’avais gâchée d’un coup. J’ai vu sa déception dans les gestes, pas dans les mots, et ça m’a encore plus vexée. Le soir, autour de la table, j’avais surtout le sentiment d’avoir payé le prix d’un oubli.
Ce que j’aurais dû vérifier avant de partir
La veille, j’aurais dû ouvrir le calendrier officiel du Marché d’Avallon pendant 2 minutes, pas plus. Depuis mes années comme Rédactrice culinaire freelance pour magazine Le Meix Chapeau, je sais que les horaires locaux bougent vite, et Atout France m’a déjà fait regarder les sorties de terroir avec cette prudence-là. J’aurais pu vérifier sur le site de la mairie, lire un panneau officiel, ou appeler l’office de tourisme d’Avallon avant de charger la voiture.
Sur place, les signes étaient pourtant clairs. Aucun banc sorti, pas de nappe d’étal, juste les volets métalliques et un papier A4 collé sur une porte latérale. Le calme de la place ne collait pas du tout avec l’idée que j’avais en tête. J’ai compris trop tard que la scène parlait avant moi.
J’avais aussi mélangé marché de plein air et halle couverte. Les jours ne se ressemblent pas, les horaires changent avec les saisons et les jours fériés, et ce détail m’a échappé parce que je pensais connaître Avallon par cœur. Le Comité Régional du Tourisme de Bourgogne-Franche-Comté m’a remis les pieds sur terre plus tard, quand j’ai relu ses repères sur les sorties de terroir et que j’ai vu à quel point mon souvenir avait pris la place du calendrier.
- M’être fiée à la date que j’avais en tête, sans vérifier le calendrier du jour.
- Avoir confondu la place de plein air et la halle couverte.
- Arriver après 11h, quand le choix s’était déjà réduit.
- Ne pas lire le panneau A4 collé sur la porte latérale.
- Ne pas prévoir une adresse de secours ouverte le week-end.
Ce que j’ai changé après cet échec et ce que j’ai gardé en tête
Après ça, j’ai gardé le réflexe de vérifier le calendrier officiel la veille, puis le matin si un doute reste là. Je note les jours d’ouverture dans mon agenda, et je regarde aussi le site de la mairie d’Avallon quand une fermeture exceptionnelle peut tomber. Ce n’est pas du zèle, c’est juste ce qui m’a évité de refaire la même scène au pire moment.
J’ai aussi noté deux fromageries ouvertes le week-end, à une bonne vingtaine de minutes d’Avallon. La première fois, ce plan B m’a évité un second détour inutile, et j’ai arrêté de compter uniquement sur le marché. Avec mon compagnon, sans enfants, on a retrouvé un panier plus souple, moins tendu, et la sortie a pris une autre allure.
Je pars aussi plus tôt le matin, parce que les meilleurs morceaux disparaissent vite et que la croûte sèche dès que les heures passent. À 9h20, l’ambiance n’a rien à voir avec celle de la fin de matinée. Les fromages ont une autre tête, et on prend le temps de parler affinage sans courir. Pour quelqu’un qui accepte de se lever tôt, de relire l’horaire et de garder une solution de secours, la sortie reste plus simple.
Si j’avais su qu’Avallon avait fermé ses étals ce matin-là, j’aurais gardé mes 30 euros, mes 20 minutes de route et mon samedi plus léger. J’aurais évité la boutique de dépannage, la croûte sèche et cette sensation de m’être trompée de jour. Le Marché d’Avallon m’a laissé cette leçon simple, et elle m’a coûté plus qu’un panier.


