J’ai goûté trois pains d’épices dijonnais avant d’en élire un seul

août 14, 2026

Le sachet de pain d’épices a craqué sous mes doigts, et l’odeur de miel chaud a rempli ma cuisine du côté de Beaune. J’ai posé sur la table trois pains venus de Mulot & Petitjean, de la Maison Trogneux et de la Biscuiterie Gérault, avec des prix de 4, 6 et 8 euros. Nous vivons en couple sans enfant, et j’ai lancé le test un dimanche pluvieux. J’ai été convaincue dès l’ouverture qu’il fallait jouer sur la coupe, puis sur le toastage, pour voir ce qui tenait vraiment.

Comment j’ai organisé ce test dans ma cuisine sur trois jours

J’ai testé les trois pains pendant 3 jours, trois fois par jour, le matin et l’après-midi, dans ma cuisine à 20°C. J’ai laissé chaque paquet revenir sur le plan de travail avant d’y toucher, puis j’ai noté la tenue dès la première coupe. Avec mon compagnon, sans enfants, j’ai gardé le même café filtre pour ne pas brouiller le nez. Je suis partie sur des gestes identiques à chaque fois, parce que la moindre variation m’aurait faussé la lecture.

J’ai pris un couteau à pain bien aiguisé, une petite balance, une règle, et mon grille-pain réglé sur trois crans. Je suis partie sur 5 mm pour les tranches fines, puis 15 mm pour les épaisses. Au toucher, j’ai regardé si la mie brun foncé se comprimait sous mon doigt ou si elle gardait sa tenue. J’ai aussi noté la sensation collante sur la lame quand le miel était bien présent.

Ce que j’ai voulu mesurer, c’était simple. J’ai comparé la tenue de la mie, la place laissée aux épices et la longueur en bouche. Sur le papier, le miel devait porter l’anis, la cannelle et l’orange sans écraser le reste. En bouche, je voulais voir si le parfum montait seulement au nez ou si le goût restait après la dernière bouchée.

La première coupe, entre finesse et densité, ce que j’ai senti et mesuré

En 5 mm, j’ai vu tout de suite la différence. La mie a coupé net, avec peu de miettes, et le couteau a gardé une légère trace collante qui m’a rassurée. À l’ouverture, j’ai senti le miel chaud avant même de goûter, puis le fond d’anis vert est venu après la deuxième bouchée. J’ai été frappée par la tranche qui se tenait proprement, sans s’écraser.

En 15 mm, j’étais sûre de moi au départ, et je me suis trompée sur le confort en bouche. La tranche pesait plus lourd, la mâche demandait plus d’appui, et le pain B a donné une impression presque pâteuse. L’anis a pris de la place, la cannelle a reculé, et j’ai dû boire une gorgée de café après chaque bouchée. Je me suis retrouvée à couper plus lentement, juste pour garder l’équilibre.

Le pain B m’a mise en doute. La tranche épaisse s’est comprimée sous mon doigt, avec une surface un peu luisante et un cœur compact qui ne respirait pas. J’ai refait une coupe à 5 mm, puis j’ai reposé les deux sur une assiette blanche pour comparer, et là le doute a changé de forme. La version fine sentait le miel plus franchement, alors que l’épaisse me laissait une sensation lourde, presque tassée.

J’ai pesé plusieurs tranches, et je suis restée autour de 19 g pour 5 mm et 41 g pour 15 mm. J’ai noté aussi qu’après 2 jours à l’air libre, le bord blanchissait et la mie cassait plus vite. À l’inverse, dans un sachet bien fermé, le même pain gardait sa souplesse pendant 5 jours sans perdre tout son nez. Le premier pain, coupé trop vite après l’achat, m’a même laissé une tranche qui se déchirait au lieu de sortir net.

Quand j’ai toasté les tranches : entre révélation et piège

Pour le toastage, j’ai gardé la même méthode. J’ai passé des tranches fines et épaisses 30 s, 45 s et 60 s, avec le grille-pain à puissance faible, moyenne puis forte. J’ai noté chaque sortie sur une assiette froide pour arrêter la cuisson au même rythme. J’ai gardé ce réflexe de mesure, même pour un simple pain d’épices.

En toast léger, j’ai vu l’orange sortir tout de suite, puis la cannelle a pris le relais. Le nez gagnait en relief, et la bouche restait souple, presque plus ronde qu’avant. Je me suis sentie plus proche du pain B fin toasté que de sa version épaisse, parce que le passage bref réveillait les arômes sans casser la mie. Au bout de la deuxième bouchée, le miel tenait encore la ligne.

Le pain C toasté fort a raté sa sortie. Les bords ont bruni trop vite, le miel a foncé puis a pris une amertume sèche, comme si la surface avait accroché la chaleur d’un coup. J’ai vu le moelleux disparaître presque entièrement, et la lame de mon couteau a raclé une croûte plus cassante. Là, je n’ai pas cherché à sauver la tranche, j’ai juste noté l’échec.

En version nature, j’ai gardé les arômes les plus nets sur la durée. En version toastée légère, j’ai gagné une orange plus vive et un final plus nerveux, mais j’ai perdu un peu de confort si la tranche était trop fine. Le toastage fort a eu l’effet inverse, avec un goût qui monte au nez mais qui disparaît vite après l’avaler. J’ai retenu qu’un passage court change la lecture, alors qu’un passage trop poussé efface le miel.

Ce que j’ai retenu pour chaque pain et pour qui, selon la coupe et le toast

Pour le pain A, ma note la plus nette reste la tranche fine nature. La mie était serrée, mais souple, et le miel donnait une longueur ronde sans alourdir la bouche. L’équilibre entre l’anis et la cannelle m’a paru juste, avec une fin propre et sans sucre qui colle. J’ai fini cette dégustation avec l’envie d’en reprendre une tranche simple, pas plus.

Pour le pain B, j’ai préféré la tranche fine toastée à puissance moyenne. L’orange ressortait mieux, la cannelle aussi, et le nez gagnait ce petit relief que je cherche dans un pain d’épices dijonnais. Je suis restée prudente, parce que sa densité pouvait vite basculer vers le lourd si je coupais trop épais. Quand je l’ai repris le lendemain, il me semblait même plus lisible que le premier jour.

Pour le pain C, je garde la tranche fine nature, sans toast. Le miel y était plus fragile, et le passage au grille-pain a cassé ce qui faisait son intérêt. J’ai vu que sa texture moelleuse plaisait mieux sans chaleur, surtout à quelqu’un qui aime une mie souple sous la dent. Au premier bord un peu brûlé, son équilibre partait de travers.

  • Je garde la tranche de 15 mm quand je veux une bouchée plus présente, mais je la coupe juste avant service.
  • Je la réserve au foie gras quand la mie reste souple et que je n’ai pas dépassé 45 s de toastage.
  • Je préfère la tranche fine nature si je cherche le miel et l’orange sans croûte sèche.

J’ai aussi noté mes erreurs. Quand j’ai laissé une tranche à l’air libre, la surface s’est desséchée et le bord a blanchi en 2 jours. Quand j’ai tenté le frigo sur un reste, la mie a durci et les arômes se sont fermés, donc je reviens toujours au sachet bien fermé sur le plan de travail. Je ne prétends pas régler la conservation de tous les pains, mais sur ceux-là, mon placard a mieux tenu que le froid.

J’ai appris que la coupe change presque tout, et je l’ai vu encore ici. Avec mon compagnon, sans enfants, j’ai préféré les versions fines, parce qu’elles laissent passer le miel sans écraser la bouche. Pour quelqu’un qui accepte de couper net, de rester modérée sur le toastage et de garder le pain bien emballé, j’ai trouvé que le pain d’épices de Mulot & Petitjean tenait le mieux la route. C’est celui que j’ai gardé pour ma table à deux, parce qu’il m’a paru le plus net, du nez jusqu’à la dernière bouchée.

Aurélia Jacquet

Aurélia Jacquet publie sur le magazine Le Meix Chapeau des contenus consacrés à la cuisine locale, aux recettes du quotidien et aux gestes essentiels en cuisine. Son approche privilégie la clarté, la progression et des repères concrets pour aider les lecteurs à cuisiner plus simplement.

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