Ce jour-Là en brionnais j’ai cru commander un plat végé et j’ai eu un fond de volaille sous les légumes

juin 12, 2026

Une odeur de beurre chaud m'a prise à la porte du Relais du Pont, à Anzy-le-Duc. Depuis du côté de Beaune, je suis partie deux heures en Brionnais avec mon compagnon, sans enfants, et j'avais gardé en tête un déjeuner végétarien après la marche du matin. À la table, j'ai été convaincue par la poêlée de légumes, puis j'ai vu le fond de volaille et les lardons sous la surface. Les 63 euros des trois adresses de la journée m'ont laissé un goût sec, bien plus durable que le café.

Je pensais qu'un plat végétarien c'était simple, mais j'ai vite compris que non

Le ciel du Brionnais était bas, gris, et mes chaussures portaient encore la poussière du sentier du matin. En tant que Rédactrice culinaire freelance pour magazine Le Meix Chapeau, j'avais déjà passé 8 ans à lire des cartes rurales, mais ce jour-là j'avais surtout faim et envie de simple. On vit à deux, mon compagnon et moi, et nous avions marché trois heures avant de pousser la porte. J'étais sûre de moi, parce qu'un petit restaurant du coin promettait un plat végétarien sur son site.

J'ai été convaincue par cette promesse écrite, et je n'ai pas appelé. La carte était jolie, le site montrait des tomates rôties, et ma Licence Professionnelle en Tourisme et Patrimoine (Dijon, 2015) m'avait pourtant appris à regarder les détails avant le décor. Depuis mes années à écrire sur le terroir, je sais qu'une ligne floue cache par moments une grosse maladresse. Là, j'avais pris le mot "végétarien" au pied de la lettre.

Quand la serveuse a lâché, "on n'a rien sans viande", j'ai me suis retrouvée avec mon assiette avant même de comprendre ce qui restait. La salle était presque vide, quatre tables à peine, et la phrase m'a coupé net. Je me suis sentie gênante pour quelque chose que nous avions demandé à deux, sans hausser la voix. Le repas avait déjà commencé à me peser avant la première bouchée.

Le vrai piège, c'était la poêlée. Sous les courgettes, le fond de volaille restait dans le jus, et deux lardons avaient fini cachés sous les pommes de terre. La mise en place du midi était déjà faite, m'a-t-on dit, et ça ne bougeait plus. Le mot "garniture maison" servait pour la même base à tout le monde, avec la viande posée dessus ou à côté. J'ai été frappée par cette petite astuce, parce qu'elle a abîmé d'un coup ma confiance.

La facture qui pique quand le plat végé n'est qu'un pis-aller sans vraie cuisine

Les trois additions ont fini à 63 euros, et aucune n'a baissé d'un centime parce que le plat était amputé. Un menu était à 18 euros, un autre à 25 euros, et le total de la journée a quand même gardé ce prix plein. En tant que Rédactrice culinaire freelance pour magazine Le Meix Chapeau, j'ai vu des adresses plus nettes, et celle-là m'a laissée froide. Mon compagnon et moi, on s'est regardés avec cette impression bête d'avoir payé pour une promesse.

Dans l'assiette, j'ai eu salade verte, deux tomates fatiguées, des rondelles de concombre, des frites et un œuf dur. La salade dite du chef avait, elle aussi, ses lardons et son œuf dur. Dans une autre adresse, l'omelette baignait dans la même sauce brune que le plat du voisin. Je n'attendais pas un grand plat, juste quelque chose de pensé, pas un remplissage.

Le pire a été le temps perdu. Nous avons cherché une autre table pendant vingt-cinq minutes, puis encore douze minutes à rouler jusqu'à une adresse plus souple, alors que la faim montait. Je me suis sentie bête, fatiguée, presque agacée contre nous deux. Une balade du Brionnais censée être légère a pris un petit goût de course contre l'heure.

À un moment, j'ai hésité entre insister pour un vrai plat ou avaler l'assiette et partir. J'avais ce réflexe de cliente gênante, celle qui demande trop pour deux personnes affamées. La serveuse gardait les mains sur le torchon, et moi j'avais la gorge sèche. J'ai compris trop tard que je me taisais surtout par lassitude.

Ce que j'aurais dû vérifier avant de m'installer à table

La carte courte m'a piégée dès l'ardoise. Viande, poisson, dessert, et rien pour les légumes à part une garniture maison. Après 8 ans à écrire sur les villages et les tables du terroir, je lis mieux ce genre de carte, et ce midi-là j'étais passée à côté. Les repères d'Atout France sur la lisibilité des offres rurales me sont revenus en tête, mais trop tard, quand le site montrait encore une photo qui ne correspondait plus au plat servi.

  • L'ardoise du midi ne parlait que de viande, de poisson et de dessert.
  • La réponse sur la composition restait évasive dès que j'ai posé la question.
  • Le site affichait une assiette plus verte que celle du service.
  • L'expression "prévenez à la réservation" revenait avant même le premier plat.

Le vrai problème, je l'ai compris en soulevant ma fourchette. Le jus de viande reste dans la sauce même quand on enlève la viande, et ça change tout. On m'a déjà servi un fond lié au bouillon de volaille, invisible dans la carte, mais bien présent dans la poêlée. C'est là que ma confiance a pris un coup, parce que le plat n'était pas mensonger en façade, juste mal nommé.

Le Comité Régional du Tourisme de Bourgogne-Franche-Comté met en avant des maisons franches, et j'aime cette idée. Mais dans une cuisine traditionnelle du Brionnais, la viande reste reine, et le végétarien passe derrière. Cette limite ne m'a pas surpris sur le fond, elle m'a surprise dans sa sécheresse. Prévenir 24 heures à 48 heures avant pour obtenir un vrai plat sans viande, c'était écrit nulle part sur l'ardoise, et pourtant tout reposait là-dessus.

Aujourd'hui je choisis mieux et je ne me fais plus avoir

En tant que Rédactrice culinaire freelance pour magazine Le Meix Chapeau, j'ai fini par appeler avant de quitter Beaune. Je demande maintenant un vrai plat végétarien, sans viande, sans jus, sans lardon, et je veux une réponse claire avant de prendre la route. Je suis devenue plus directe au téléphone, parce que ce déjeuner m'a appris le prix d'un mot trop vague. Le site d'une adresse ne me suffit plus quand la carte du midi tient sur trois lignes.

Cette journée m'a coûté 63 euros, presque deux heures de route depuis Beaune, et une bonne humeur de week-end. J'y ai perdu aussi mon envie de faire confiance à une ardoise trop courte. Ce n'est pas la cuisine du Brionnais que je vise, c'est le faux-semblant qui m'agace. Quand tout repose sur une mise en place unique, le végétarien ressemble vite à un reste poli.

Pour quelqu'un qui accepte de prévenir 24 heures à 48 heures avant et de vérifier les avis où le mot "végétarien" est écrit noir sur blanc, le Brionnais garde de belles sorties. Les repères d'Atout France me sont restés en tête, parce qu'une offre claire m'aurait évité ce déjeuner bancal. Moi, j'avais voulu croire au service improvisé, et j'ai payé cette confiance. J'aurais aimé savoir avant que la viande tienne toute la carte, au Relais du Pont, et que mes 63 euros servent à couvrir une assiette sans vrai goût de choix.

Quand une question touche à un régime thérapeutique ou à un enjeu de santé, j'aurais dû laisser ça à un diététicien. Ce midi-là, la serveuse n'avait pas menti exprès, mais la table m'a laissée avec une impression tenace de bricolage. J'aurais voulu savoir avant de m'asseoir que, dans plusieurs adresses du Brionnais, le végétarien n'était pas une option, juste un détour pénible.

Aurélia Jacquet

Aurélia Jacquet publie sur le magazine Le Meix Chapeau des contenus consacrés à la cuisine locale, aux recettes du quotidien et aux gestes essentiels en cuisine. Son approche privilégie la clarté, la progression et des repères concrets pour aider les lecteurs à cuisiner plus simplement.

BIOGRAPHIE